1800 - Appendices


 
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Naval History of Great Britain - Vol III
  Appendix  

No. 35.
See p. 320.

A l'époque où j'écrivais ce passage, j'ignorais un fait bien remarquable et qui mérite de prendre place dans l'histoire. J'en dois la connaissance à M. le comte Daru, dont nous avons déjà cité la savante histoire de Venise. En 1805, M. Daru était à Boulogne, intendant général de l'armee. Un matin l'empereur le fait appeler dans son cabinet. Daru l'y trouve transporté de colère, parcourant à grands pas son appartement, et ne rompant un morne silence que par des exclamations brusques et courtes . . . .Quelle marine!... Quel amiral!. . . .Quels sacrifices perdus ! . . . .Mon espoir est déçu ! . . . .Ce Villeneuve ; Au lieu d'être dans la Manche, il vient d'entrer au Férol ! . . . C'en est fait ! Il y sera bloqué. - Daru, mettez-vous là, écoutez et écrivez. L'empereur avait reçu de grand matin la nouvelle de l'arrivée de Villeneuve dans un port d'Espagne ; il avait vu sur-le-champ la conquête de l'Angleterre avortée ; les immenses dépenses de la flotte et de la flottille perdues pour long-temps, pour toujours pent-être! Alors, dans l'emportement d'une fureur qui ne permet pas même aux autres hommes de conserver leur jugement, il avait pris l'une des résolutions les plus hardies, et tracé l'un des plans de campagne les plus admirables qu'aucun conquerant ait pu concevoir à loisir et de sang-froid. Sans hésiter, sans s'arrêter, il dicte en entier le plan de la campagne d'Austerlitz, le départ de tous les corps d'armee, depuis le Hanovre et la Hollande jusqu'aux confins de l'ouest et du sud de la France. L'ordre des marches, leur durée, les lieux de convergence et de réunion des colonnes; les enlèvemens par surprise et les attaques de vive force, les mouvemens divers de l'ennemi, tout est prévu : la victoire est assurée dans toutes les hypothèses. Telle était la justesse et la vaste prévoyance de ce plan, que, sur une ligne de départ de deux cents lieues, des lignes d'opérations de trois cents lieues de longueur furent suivies d'après les indications primitives, jour par jour, et lieu par lieu, jusqu'à Munich. Au-delà de cette capitale, les époques seules éprouvèrent quelques altérations ; mais les lieux furent atteints et l'ensemble du plan fut couronné d'un succès complet. Tel était done le talent militaire de cet homme, aussi redoutable à ses ennemis par la puissance de son génie, qu'à ses concitoyens par la force de son despotisme ! ; Voyages dans la Grande Bretagne, Force Navale, tome i., p. 244.

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