En 1948, alors que son entreprise la Victoriaville Furniture vit des moments tourment�s lors d'une gr�ve, Joseph-�douard Alain fera preuve de qualit�s remarquables : son sens d'appartenance � la collectivit�, son esprit de solidarit� avec les siens et ses ouvriers. Profond�ment affect� du foss� creus� entre lui et ses employ�s par le conflit syndical, il marchera tous les soirs de sa maison au centre de la ville pour signifier qu'il est toujours pr�sent, et dans l'esp�rance que l'on viendra lui parler. C'est durant cette gr�ve que se produit la conflagration de la rue Saint-Paul qui rase au sol huit maisons dont plusieurs o� logent des familles de gr�vistes. L'incendie est devenu si violent que les pompiers, � demi-paralys�s par un manque d'eau, constatent que le contr�le du sinistre leur �chappe de minute en minute. Il faut donc r�quisitionner tous les extincteurs chimiques disponibles pour faire un barrage et pousser les flammes vers l'est. Ren� Jutras se voit confier la mission de demander � Joseph-�douard Alain tous les extincteurs chimiques qui gardent silencieusement son usine d�serte. "L'empressement avec lequel il accepta et l'�motion �vidente qui l'�treignait me r�v�l�rent que j'�tais en pr�sence d'un de ces rares hommes qui savent pratiquer la vertu de force jusqu'� son extr�me, soit la magnanimit�", t�moignera le docteur Jutras dans un texte publi� le 10 juin 1964 dans le journal L'Union des Cantons de L'Est. Joseph-�douard Alain est n� le 24 f�vrier 1875 � Batiscan. Il fait ses �tudes � l'Acad�mie commerciale de Qu�bec et d�bute en affaires � Montr�al en 1892 avec la Maison Foisy et Fr�res, marchands de pianos et de machines � coudre. En 1897, il est approch� par l'Honorable Paul Tourigny pour entrer � l'emploi de la Victoriaville Furniture. Il y sera un peu l'homme � tout faire. Comptable de l'�tablissement, il ne d�daigne pas de servir au besoin d'homme de cour et de faire toutes les besognes. Par son attitude calme et sa prestance - il fait 6'2'' - l'homme inspire la confiance et le respect. Un an plus tard, le 22 novembre 1898, il �pouse Amarilda Blouin. Le couple aura sept enfants. Homme simple et accessible, M. Alain occupera une place de plus en plus importante dans sa ville d'origine. Il est l'un des membres fondateurs du club social, le Chalet des C�dres, en 1901. Au cours des ann�es suivantes, il participera � la fondation de la Victoriaville Chair Co. (1903), de la Canada Mattress Manufacturing (1909), de la Canadian Rattan Chair (1910), de la Victoriaville Jewelry Co, de la Fonci�re Victoriaville. En cours de route, il est membre fondateur du Conseil 1254 des Chevaliers de Colomb de Victoriaville (un groupe encore en fonction pr�s d'un si�cle plus tard). Tout comme son ami Paul Tourigny, il s'int�resse � la politique municipale. L'homme des meubles occupera la chaise de maire de la ville de 1915 � 1919. Vers 1917, il est promu g�rant de la Victoriaville Furniture, position qu'il gardera jusqu'en 1920 alors qu'il devient vice-pr�sident de l'entreprise et g�rant g�n�ral. Sous sa direction, la Victoriaville Furniture devient un g�ant de l'ameublement au Canada, traversant sans encombre la crise �conomique et la Deuxi�me Guerre Mondiale. Joseph-�douard Alain acc�de � la pr�sidence en 1926. En 1935, l'entreprise atteint une telle envergure dans la m�canisation de ses proc�d�s qu'elle est compar�e � l'usine am�ricaine Ford, un mod�le � l'�poque. Pas �tonnant que l'on qualifie Joseph-�douard Alain de Roi de l'Ameublement. Avec la mort de son associ� Georges Cantin, en 1940, M. Alain et ses deux fils, Fid�le-�douard et Jacques, sont les uniques propri�taires. Dans les ann�es 1950, la compagnie de la famille Alain emploie 350 hommes et produit 400 ameublements complets de chambre. Joseph-�douard Alain sera pr�sident de la Commission scolaire de Victoriaville, membre de l'Association des manufacturiers canadiens, pr�sident honoraire de l'association des manufacturiers de meubles de la province de Qu�bec, membre de la Chambre de commerce de Victoriaville et grand organisateur des Lib�raux dans le comt� d'Arthabaska. Ami des enfants, "Grand-p�re Alain" fait am�nager un parc pr�s de l'usine pour les jeunes, sur lequel il �rige une tente. Il embauche la monitrice et fournit le mat�riel pour que tous les enfants du voisinage viennent s'y amuser. Dans la rue Saint-Augustin o� il demeure, se fonde la premi�re unit� scoute du dioc�se de Nicolet. Les enfants d�cident spontan�ment que Grand-p�re Alain en serait le "Grand Sachem". En 1962, il est �prouv� par le d�c�s de son �pouse, Amarilda Blouin. Deux ann�es plus tard, soit le 22 mai 1964, M. Alain d�c�de. Il est inhum� au cimeti�re Sainte-Victoire. Un an plus tard, la famille Alain vend ses int�r�ts � un groupe qui fusionne les deux plus importantes industries du meuble � Victoriaville. Si une rue � Victoriaville porte le nom de famille de Joseph-�douard Alain, les gens qui se rendent au centre-ville ne manqueront d'avoir une pens�e � son intention en regardant l'imposante chemin�e de briques, seul vestige apparent de la jadis florissante Victoriaville Furniture tomb�e sous le pic des d�molisseurs en avril 1988. Au printemps 2000, lors du Panth�on de la Performance, la Chambre de commerce et d'industrie des Bois-Francs lui d�cerne � titre posthume le Prix B�tisseur. C'est son petit-fils, l'industriel Pierre Alain, qui accepte ce prix, heureux que son grand-p�re, un grand homme, ne soit pas oubli�. Alain Bergeron |
| BOURGEOIS, Fran�ois | Industriel | |
| CROCHETIERE, Rosaire | Capitaine/Aum�nier | |
| FLEURY, Alcide | Historien des Bois-Francs | |
| LAVERGNE, Armand | Avocat et politicien | |
| SUZOR-COT�, Marc-Aur�le | Peintre et sculpteur |
Cette page a �t� con�ue le 26 Juillet, 2001
Revis�e le 17 D�cembre, 2003